À Val-de-Reuil, trois maisons identiques, à l’exception des matériaux de construction, pour une étude

Val-de-Reuil. Amex n’en finit plus de construire dans la commune. Prochain projet du promoteur immobilier ? Trois maisons presque identiques, pour des habitants qui accepteront de participer à une étude.

Il était une fois une maison en bois, une maison en briques et une maison en parpaings. L’histoire n’est pas celle des trois petits cochons mais celle d’une étude que mènera le promoteur immobilier Amex à Val-de-Reuil.

Identiques à l’exception des matériaux utilisés pour leur construction, les trois habitations, de 100 m² chacune, contenant trois chambres, seront érigées route des Falaises, d’ici à 2020 selon la société basée à Grand-Couronne (76).

Toutes seront équipées de capteurs. Car le but du jeu n’est pas esthétique. Amex prévoit en effet de mener une étude de trois ans sur ces maisons. Chaque mois, les propriétaires devront faire des mesures et parler de leurs conditions de vie.

« Un projet symbolique »

En prévision de l’arrivée de la RT2020 (réglementation thermique), « des questions sur sa faisabilité sont posées et notamment sur la provenance de matériaux locaux, la qualité de l’air dans les bâtiments, l’incidence sur la santé, la connectivité numérique et les économies engendrées, explique Julien Dugnol, responsable du développement au sein d’Amex. Un constructeur dans chaque région a été retenu par le législateur et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) pour tester et expérimenter des logements, car les conditions et donc les résultats ne sont pas les mêmes à Marseille ou à Lille et encore moins en Normandie. »

Avec sa filiale Extraco, Amex a été retenue « pour la Conception et construction optimisées de maisons à énergie positive (Comepos). Nous avons carte blanche dans la recherche et développement avec nos partenaires techniques, par exemple sur les matériaux de construction, avec des parpaings fabriqués à Tourville-la-Rivière (76) à partir de palettes en bois, d’éclairage, d’isolation ou encore de ventilation. Le tout pour optimiser au mieux, tirer des hypothèses et peut-être en abandonner d’autres », détaille le responsable technique Stanislas Poupon.

Les trois maisons ont été imaginées par l’architecte Stéfano Borgiattino et un prototype a été construit aux Essarts, à Grand-Couronne. « Le prix sera celui du marché, promet Julien Dugnol, sans dévoiler de chiffres. Il s’agira de logements de demain, avec une intelligence artificielle. Une révolution de nos modes de vie. » Le responsable de développement l’assure : « C’est un projet symbolique pour Val-de-Reuil, ville qui fut reconnue expérimentale à l’époque. »

Marc-Antoine Jamet, le maire (PS), ne dit pas le contraire : « La ville cochait toutes les cases : elle est soucieuse de son économie d’énergie et, de par sa jeunesse, est un vrai laboratoire. Notre nouvelle ville se doit être au cœur des expérimentations. Et ce que propose Amex est un sujet passionnant », estime l’élu.

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