Se loger autrement c’est possible avec les maisons du futur – Paris Normandie – 25/08/2018

Dans le prolongement du revival soixante-huitard de 2018, « Par ici l’utopie » part à la rencontre cet été de ceux qui tentent, à leur mesure, de changer la vie en explorant d’autres pistes. Aujourd’hui, se loger autrement.

Aux Essarts, à Grand-Couronne, à l’angle d’un lotissement paisible, une maison livrée fin 2018 à l’apparence contemporaine arrive au bout de sa construction. Une bâtisse expérimentale de 103 m² aux atouts innovants. Initiée par la société Extraco, constructeur de maisons individuelles (311 chantiers ouverts en 2017), cette maison résulte d’un appel à projets, lancé en 2016 par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). L’objectif ? Se préparer au mieux aux normes de 2020 en construisant 25 maisons à énergie positive dans chaque ancienne région de France. « Pour cette maison expérimentale, on propose des prototypes innovants et on s’assure de chercher des produits au plus près, pour faire fonctionner l’économie locale », relève Julien Dugnol, responsable développement d’Amex, filiale d’Extraco. L’innovation de cette maison témoin, plein sud, commence sur la partie principale de la toiture avec les tuiles photovoltaïques, qui « produisent en partie de l’eau chaude », commente Stanislas Poupon, responsable achats à Extraco. Côté intérieur « un triple vitrage intelligent, ce qui permet de faire entrer la chaleur et la lumière en hiver et les bloquer en été ». Aux murs, un parpaing en ciment local mélangé avec des copeaux de bois issus de palettes usagées, elles aussi locales. « Il est plus isolant et quatre fois plus performant qu’un parpaing classique. » Les cloisons seront également recouvertes d’un matériau absorbant et dépolluant. Autre particularité : la maison n’a aucun chauffage, car les pièces seront chauffées par air filtré.

À l’extérieur, une eau de pluie récupérée dans une cuve, pour les toilettes ou encore l’arrosageÀ cela s’ajoute une hyperconnectivité : alarme, pilotage du chauffage, de la production d’eau chaude et des volets roulants via une application spécialement développée pour les smartphones. « Tout simplement une maison du XXIe siècle, connectée, avec moins de carbone, construite avec des produits locaux, qui respecte la santé des habitants, résume Julien Dugnol. La personne qui achètera cette maison sera prévenue, il ne sera pas possible de trouver une pièce défaillante dans le commerce, puisqu’aucune d’entre elles n’est pour le moment commercialisée. Nous aurons besoin d’un vrai retour d’expérience et du ressenti de l’habitant, ce qui est nouveau dans la norme RT2020. » Les végétaux aussi seront soumis à ce test quotidien, afin de voir leur évolution à l’intérieur de l’habitat. Cette maison s’adressera à terme au grand public et a pour objectif de devenir, à l’avenir, la règle de construction pour tous.

Un livre
Construire une maison à énergie positive : un manuel de 224 pages, véritable outil d’aide à la décision. Cet ouvrage présente ce qu’est une maison à zéro énergie nette : production de chaleur et d’électricité par des panneaux photovoltaïques, chauffage et eau chaude sanitaire par pompes à chaleur, réduction des besoins par une construction à ossature bois et une isolation en liège. Ce livre signé Alain Ricaud, gérant de la société Cythelia, qui a eu l’idée en 2004 de la maison ZEN (zéro énergie nette) propose en plus un large choix d’options énergétiques permettant au lecteur de faire un choix judicieux, en connaissance de cause. À commander, éditeur Dunod, premier prix : 16,99 €.
Des sites Internet

« La réglementation thermique de 2012 était focalisée sur l’énergétique. Celle de 2020 est beaucoup plus dans une démarche carbone et de réduction de gaz à effet de serre », explique Julien Dugnol, responsable développement d’Amex, filiale d’Extraco. Le site (un peu sévère mais bourré d’infos), rt-2020.com, permet de réaliser une étude thermique liée à la réglementation de 2012, même si celle de 2020 est déjà dans la tête de tous les spécialistes.

Il est indiqué qu’une étude menée par l’Ademe en 2012 montre que pour la centaine de réalisations à énergie positive en France (65 % dans le tertiaire, 29 % en pavillons individuels et 6 % en logements collectifs) la consommation est d’environ 50 kWh/m2/an, performance qui peut encore être améliorée, rendant l’objectif 2020 de 3X20 possible, par la généralisation d’un éclairage à détection et des Leds.

Des vidéos
De nombreuses vidéos sur le net (via YouTube) permettent d’entrer chez des particuliers qui présentent leur maison à énergie positive (taper par exemple « écoÉnergie initiative, la maison autosuffisante énergétiquement »). En tapant « Natilia, 1ère maison à énergie positive », il est possible de découvrir en 1’32 les étapes de la phase 2 de la construction de la première maison à énergie positive de ce spécialiste.